dimanche 10 mars 2013

Aprilia 250 RS


Tout sauf raisonnable...



Peut-être est-ce parce qu’elle fut la dernière à défendre l’honneur de la catégorie que l’Aprilia RS 250 d’occasion est aujourd’hui si convoitée. Symbole d’une époque marquée par la quête de sensations extrêmes, la 250 RS est aussi celle qui prépara les esprits à l’assaut de la marque, en 1999, sur le marché des grosses cylindrées sportives avec l’Aprilia RSV 1000.
Le constructeur  italien ne craint pas le paradoxe. Il choisit le moment où l’industrie japonaise fuit le marché vacillant des 250 hyper sportives pour s’y engouffrer avec une telle force qu’il laissera durablement sur le marché de la moto une empreinte ayant valeur de marque de fabrique.
Nous sommes en 1995. Kawasaki, qui a ouvert le marché français des 250 sportives avec sa KR1 en 1988, laisse depuis 1993 son rival Suzuki sans concurrence avec sa RGV sortie, elle, en 1989. Et c’est au moment où la RGV sort à son tour du catalogue qu’Aprilia , jusqu’alors réputé pour ses 125 sportives et son gros trail Pegaso, lance sa 250 RS, version musclée de la RS 125. Petit clin d’œil de l’Histoire : le propulseur est dérivé de celui de la 250 RGV de Suzuki.

Taillée pour la piste

Les avis sont unanimes : la «  petite nouvelle » - qui, hasard du calendrier des constructeurs, est aussi la dernière du genre sur le marché français - est une véritable bombe.
Avec ses 45 chevaux pour 120 kg, la KR1 de kawasaki fut en son temps gratifiée du même qualificatif ; idem de la RGV de Suzuki avec ses 58 chevaux ( pour 139 kg) mais l’Aprilia RS repousse les limites de la mécanique à 70 chevaux pour 141 kg à sec. Du jamais vu, en tout cas sur la route car ces données technique la rapprochent furieusement des modèles de pistes.
De fait, la petite transalpine a tout d’une compétition client : près de 210 km/h chrono, une stabilité hors normes grâce à son châssis double poutre en alu, une maniabilité diabolique enfin grâce à des jantes plus étroites que celles de feue la RGV.
Exclusive, l’Aprilia 250 n’est pas faite pour les trajets boulot-dodo. Son moteur ne respire bien qu’entre 8500 et 12000 tours/minute à condition d’être correctement «  gavé » ; dix litres au cent en moyenne !
Difficilement conciliables avec le renforcement des normes antipollution qui approche à grands pas, ces chiffres témoignent de la vitalité d’une véritable bête de course condamnée à brève échéance. Son retrait du marché interviendra en 2003 mais entre-temps, Aprilia, spécialiste des petites 125 sportives et des scooters, a gagné avec cette 250 et le titre mondial de Biaggi qui lui est associé, ses galons de constructeur de motos sportives.

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