lundi 6 mai 2013

BMW F 650

Le grand virage



Si la F 650 fit sensation lors de sa présentation en 1993, c’est qu’elle était la première BMW sans cardan.
L’objectif clairement affiché de la marque allemande était d’élargir sa gamme «  vers le bas », à un tarif de 30% supérieur à celui de la Yamaha 600 XTE qui faisait figure de référence en matière de trails certes, mais dans une fourchette de prix comparable à celui de l’Aprilia Pegaso propulsé par le même moteur Autrichien Rotax.
La BMW nouvelle au demeurant, ne partageait pas que ce point commun avec la belle italienne : le montage du moteur autrichien dans la partie cycle allemande était en effet assuré en Italie par Aprilia. Le résultat est plutôt convainquant. Admirablement taillée pour la ville, cette trail de conception plus moderne que les références japonaises du genre ne déteste pas non plus tailler la route tout en s’aventurant le cas échéant dans les chemins roulants.



Ses points forts : Une grande simplicité d’utilisation étayée par une excellente position en selle, des commandes douces et des suspensions de qualité qui lui procurent un comportement routier sécurisant.
Doté d’une culasse à quatre soupapes réalisée à la demande expresse de BMW par Rotax, le moteur de la F 650 se distingue du modèle original à 5 soupapes qui équipe l’Aprilia Pegaso par son punch et sa capacité à reprendre sans hoqueter sur les bas régimes.
Enfin, la conception générale de l’ensemble « respire » le BMW à plein nez : béquille centrale, excellente finition, consommation modérée (5,8 l/100) surtout sur les modèles postérieurs à 2000 dotés de l’injection, bon vieillissement…

Ses points faibles : Le seul défaut persistant qui lui soit reproché réside dans son freinage jugé un peu juste compte tenu du tempérament du moteur et de la capacité de la partie cycle à se faire joueuse.
Au regard de ses qualités de moto quotidienne et de voyageuse, on eut également aimé une bulle plus haute et, pourquoi pas, un tableau de bord doté d’une horloge et d’une jauge à essence. Lorsque BMW élargit sa gamme « vers le bas », il ne recule décidément devant aucun sacrifice !

A l’usage : Fidèle à sa réputation, le motoriste Rotax a produit là une petite perle de propulseur qui franchira sans soucis le cap des 100 000 km moyennant deux précaution : d’une part refaire la distribution à 50 000 km ; d’autre part régler  le jeu aux soupapes non pas tous les 20 000 km comme le préconise le constructeur mais  tous les 10 000 km pour prévenir un éventuel bridage qui affecterait l’étanchéité des sièges.
Quelques cas de pignons de troisième défectueux ont été signalés mais l’ensemble se révèle d’une robustesse exemplaire.
En bon gros mono qui se respecte, la F 650 fatigue en revanche par ses vibrations les points de fixation des plastiques et, dans quelques rares cas, les soudures du réservoir d’huile séparé. Des points à vérifier avec d’autant plus de précaution sur le marché de l’occasion que sa robustesse prédispose la F 650 aux forts kilométrages.

Tableau d’entretien : vidange, changement des filtres à air et à huile, remplacement des bougies tous les 10 000 km.
Réglage du jeu aux soupapes tous les 20 000 kms mais recommandé par certain spécialistes tous les 10 000 km.

(Sources : Moto Journal spécial Essai 1995 et hors série Occasion/fiabilité de mars 2003.)

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