samedi 16 mars 2013

Jawa 350

Inoxydable
Ici un modèle 638 de 1991 (la mienne.)
Dans le genre simple, accessible, économique et facilement réparable par soi-même, vous ne trouverez guère mieux si ce n'est peut-être chez MZ dont l'ancienne 250 présentait l'avantage d'être mue par un monocylindre. Mais à la différence de l'ancienne 250 MZ, la 350 Jawa figure toujours, elle, au catalogue du constructeur. Ne vous réjouissez pas trop vite: elle n'est pas destinée au marché européen. Elle en est sortie en 2004 pour n'avoir pas su s'adapter aux nouvelles normes anti-pollution.
Si la demande avait été plus pressante, peut-être le constructeur eut-il fait l'effort requis mais tel n'était pas le cas.
Il faut dire que la 350 Jawa n'est pas qu'une moto de moyenne cylindrée; c'est une institution qui, depuis le début des années cinquante, traverse les époques et les modes.
On lui a tantôt greffé une pompe à huile pour dispenser son pilote des corvées de mélange comme cela fut le cas avec le modèle Californian en 1969. On lui a aussi dessiné de nouveaux carters et installé un nouvel ensemble compteur-compte tours pour lui donner une allure plus dans l'air du temps comme cela fut le cas avec la 634 en 1973. Mais lorsque la 638 débarqua sur le marché en 1985, démunie de pompe à huile pour parer aux fâcheux incidents de lubrification, le doute eut tôt fait d'être levé: c'est bien l'antique bicylindres deux temps de 350 cm3 que Jawa venait de nouveau de remettre en course.
26 ch en pleine folie, c'est à dire à 5200 tours. Inutile d'espérer goutter de folles sensations au dessus de ce régime: le moteur longue course (58X65) ne le supporterait pas.
La bête se conduit du coup en souplesse sur les bas régimes servis par une boite archaique à quatre rapports qu'il faut apprivoiser tant les points morts s'y dissimulent au détour d'une mauvaise décomposition du mouvement de sélecteur. Sélecteur qui... se retourne pour devenir kick. Le détail est amusant car il tend naturellement à dissuader les hypothétiques voleurs aussi décontenancés par l'absence de démarreur électrique que de kick dument identifié comme tel ( vécu.)
A part cela? Elle est plutôt confortable, sobre (5 l/100) et éclaire bien mais elle freine mal.
Jawa a très vite remédié à cela en sortant un modèle 639 doté d'un disque à l'avant puis, en 1993, un modèle 640 doté d'un disque avant et – suprême concession au modernisme – d'un allumage électronique.

A l'usage: Longue course oblige: la bougresse vibre; de temps à autre, mieux vaut donc jeter un coup d'oeil à la visserie.
Le câble d'embrayage a une fâcheuse tendance à se cisailler au niveau du levier mais en cas de rupture intempestive, pas de panique: le mécanisme de sélection est doublé d'un mécanisme de débrayage qui entre en action dès que l'on change de rapport. Moins efficace que le câble, il contraint à laisser retomber le régime pour changer de rapport mais il offre tout de même une sécurité parfaitement originale.
Bref: vous avec là l'utilitaire type telle qu'on la concevait dans les années cinquante mais qui continue à s'acquitter parfaitement de son boulot; un excellent « mulet » dont on fera également le cas échéant une bonne petite routière moyennant quelques équipements adéquates. D'autant que pour les pièces détachées, sa sortie du marché européen ne pose aucun soucis: on trouve tout ce qu'il faut sur Internet à des tarifs défiant toute concurrence. Comme ceux de la belle au demeurant puisque les derniers exemplaires vendus avant son retrait du marché le furent à des prix comparables à ceux des scooters du moment.
Détail intéressant: la machine est homologuée d'origine pour être attelée à un side car. Si cette aventure vous tente, songez tout de même à rigidifier la fourche, à améliorer vos freins et à passer un peu plus souvent à la pompe.
A propos de pompe justement, sachez que la suppression de la pompe à huile n'est en rien un handicap. Les huiles modernes de synthèse présente une telle faculté de dilution que l'on pourra sans problème mélanger l'huile et l'essence en direct dans le réservoir. Tout juste suffit-il de secouer un peu la moto et le tour est joué.
Ultime conseil à propos du plein: évitez les adjuvant censés compenser l'absence de plomb dans le carburant: les bougies ne le supportent pas et claquent à un rythme effrayant. Le super 95 fait très bien l'affaire. Moyennant un style de conduite adapté au grand age de sa conception, la belle vous mènera loin et longtemps à peu de frais.

(Sources: Moto Revue spécial salon 1977; Moto Journal spécial essais 1995 et expérience personnelle.)


4 commentaires:

  1. Bonjour,je viens d'aquérir une 350 jawa ts de 1987 quelqu'un pourrait-il me donner le bon et le mauvais concernant cette moto?,merci d'avance, Jean-Claude.

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  2. Bonjour, il n'y a rien de mauvais dans une Jawa :) mais attention cette moto réputée rustique a souvent été peu entretenue par ses propriétaires et comme tout 2 tps, l'étanchéité du moteur est primordiale ainsi que les roulements et joints. C'est encore plus vrai en cas d'immobolisation prolongée ! Le moteur, bien qu'amélioré, est de conception ancienne mais il est assemblé avec soin. Respecter le temps de chauffe, les vidanges et bien vérifier l'allumage. Allez bonne route ! Jmarc

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  3. Bruno ( bjourdan24@gmail.com )

    Bonjour,
    le rédacteur déclare, je cite : " Détail intéressant: la machine est homologuée d'origine pour être attelée à un side car. "
    Si tel est le cas, leur CG ne devraient-elles pas présenter le genre " solo / side " ?
    Si je veux atteler une 640 dont la CG est en " solo ", quelles démarches dois-je accomplir ?
    Merci d'avance
    Bruno

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  4. bonjour, j'ai possédé cette moto, alors, respecter les vidanges?? pourquoi, c'est un deux temps, a part la boite!!,pour atteler une type 640? impossible, dans le cas d'une homologuée "solo", en effet, roues et transmission différentes, plus d'autres bricoles, autant en acheter une attelée directement, pourtant les cadres sont les mêmes

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